• Pendant un peu plus de trente ans, Georges Braque a peint une soixantaine de tableaux ayant pour sujet des barques, toujours échouées sur la grève et toujours solitaires, sous des ciels sombres et au bord d'une mer souvent agitée. Il commence cette série en 1928 à Varengeville, en Normandie, où il s'est fait construire un atelier (et où il est enterré) et la poursuit jusqu'à sa mort. Une série très peu connue et qui occupe une place à part dans son oeuvre.
    Ces petits tableaux d'une apparente simplicité dans la construction dégagent une atmosphère de mélancolie teintée d'un certain désespoir. L'homme secret qu'était Braque y dévoile une partie de son intimité. Il est difficile de ne pas imaginer qu'en peignant ainsi ces esquifs fragiles au bord de la nuit et hors de toute présence humaine, l'artiste n'ait pas pensé au "grand passage" , celui qui conduit là d'où l'on ne revient pas.

  • Que connaît-on vraiment de la peinture de Francis Bacon (1909- 1992) ? Des corps tordus, des visages déchirés, des bouches grandes ouvertes, des couleurs suaves et criardes, et tout ce que lui-même a pu con er lors des nombreuses interviews qu'il a accordées.
    Mais, que se passait-il vraiment lorsqu'il peignait ? Quel sens donnait-il aux formes apparues sur ses toiles et pourquoi tant d'émotion s'en dégaget- il ?
    Pour tenter de le découvrir, l'auteur a choisi d'aborder ses oeuvres latéralement, en les frôlant, en en retenant des indices signi catifs - une ampoule électrique, une ombre, une seringue, un miroir, etc. -, autant de « motifs » chers au peintre et qui prennent tous un sens dans son univers.

  • Seul dans son atelier d'Antibes, face à la mer, Nicolas de Staël entame, le 14 mars 1955, une toile géante de 3,5 m sur 6 m : Le Concert. On y voit d'un côté, un piano à queue noir et, de l'autre, une contrebasse ocre, séparés par des partitions posées sur des pupitres. Mais ce qui frappe c'est le fond de la composition qui mange tout le tableau : un vermillon écarlate, comme un grand rideau de scène incandescent. Deux jours plus tard, Nicolas brûle quelques papiers, écrit trois lettres, monte sur la terrasse de son atelier et bascule dans le vide. Dans ce gigantesque tableau, dans ces deux instruments de musique - les seuls visibles de cet orchestre -, dans ce rouge de feu se trouve sans doute, enfouie, l'explication de son geste.
    Nicolas de Staël a quarante et un an lorsqu'il peint Le Concert. Après dix ans de souffrances et de privations, il connaît enfin, depuis quelques mois, un réel succès.
    L'auteur a reconstitué les derniers jours du peintre et analysé comment sont peu à peu montées en lui, jusqu'à l'insupportable, une angoisse de vivre mêlée à une insatisfaction de plus en plus grande devant son travail et à un douloureux déchirement amoureux.
    Cet ouvrage propose une nouvelle édition révisée du livre Le Concert paru en 2010 aux éditions Sens&Tonka, aujourd'hui épuisé.

  • Rome ville éternelle, ville sensuelle, ville des palais et des faubourgs.
    Rome des fontaines, des Vespa, mais aussi des embouteillages, a inspiré les plus talentueux cinéastes. C'est cette Rome, qui fait désormais partie de notre imaginaire, qu'Edouard Dor nous invite à revisiter en parcourant les lieux de tournage des scènes de films emblématiques.
    Plus de soixante-dix films des réalisateurs les plus prestigieux, de Vittorio De Sica à Federico Fellini, d'Antonioni à Pasolini, en passant par Jean-Luc Godard, Nanni Moretti et Woody Allen, sont évoqués dans ce ciné-guide enrichi de nombreuses cartes et de plusieurs index (films, réalisateurs, lieux).
    Cette première réédition permet d'évoquer quelques films récents et de proposer de nouvelles cartes.
    Ciné voyage, une collection de livres pour les amoureux de la ville et du cinéma, et pour tous ceux qui aiment donner du sens à leurs voyages.

  • Le vol majestueux des molletons cendrés au-dessus du grand fuchsia Nouv.

    Arrivés à un certain âge, deux hommes - deux amis ? - G et P, vivent de leurs chamailleries, de l'affrontement de leurs idées, de déceptions accumulées et de maigres espoirs. Ils parlent sans s'entendre. S'échangent des phrases vides de sens. S'opposent l'un à l'autre car c'est, pour eux, le seul moyen de compter encore un peu en ce monde. Leurs mots deviennent des objets et leur agencement une simple mécanique, mais les humeurs et les sentiments sont toujours présents et expriment, eux, l'intensité de la vie. Dans cet échange, les paroles s'essayent à n'être qu'une musique. Seule la force du vent qui les porte leur donne un sens.

  • Qui sont ces deux Vénitiennes et que font-elles sur cette terrasse ?
    On sait que ce panneau, peint par Vittore Carpaccio au 15e siècle, exposé au musée Correr de Venise, a été considéré comme « le plus beau tableau du monde ». On sait aussi que cette peinture n'est, en fait, que l'un des morceaux d'une composition beaucoup plus grande, dont on a retrouvé au 20e siècle l'une des autres parties... en Californie ! Mais ce tableau reste malgré tout un grand mystère.
    L'auteur imagine ce que pouvait être cette oeuvre dans son ensemble. Il en propose un « décodage » qui conduit à une interprétation séduisante et troublante, donnant à la femme un rôle inattendu dans notre monde, et trouve à celle-ci des échos dans deux tableaux plus récents - de Gustave Caillebotte et d'Edward Hopper.

  • Chef d'oeuvre de la « période bleue », La Vie reste une énigme totale. Picasso peint ce tableau deux ans après le suicide de son ami le plus proche, Carlos Casagemas, qu'il représente nu dans un environnement mystérieux. Il a vingtdeux ans et y met toute sa colère et tout son génie.
    L'artiste évoquera toujours cette oeuvre avec tendresse, sans jamais en lever le mystère.
    Cet ouvrage, qui s'adresse à un large public, fait le point des nombreuses hypothèses qui ont été avancées pour saisir le sens de ce tableau majeur dans l'oeuvre de Picasso. Il en propose une interprétation nouvelle à partir des radiographies qui en ont été faites.

  • Mark Rothko est né en 1903 à Dvinsk (actuelle Lettonie) dans une famille juive qui a fui la Russie tsariste pour s'installer aux États-Unis en 1910. Naturalisé américain en 1938, imprégné de plusieurs cultures, il est devenu l'un des artistes abstraits les plus connus et respectés du XXe siècle. Sa peinture lumineuse aux formes fl ottantes porte en elle une austérité et une spiritualité qui appellent le silence et suscitent le recueillement.
    Rothko est l'un des très rares artistes dont les oeuvres, lorsqu'elles sont mises en vente, dépassent toutes les estimations.
    Cet essai concis, dense et poétique, qui aide à pénétrer l'univers de Rothko, est accompagné d'une biographie dont la double lecture met en parallèle la vie du peintre et l'évolution de son oeuvre.
    Un livre conçu pour accompagner ceux qui vont à la rencontre de la peinture de Rothko.

  • Mais qui sont donc ces deux Vénitiennes ? Deux prostituées attendant le client ? Deux aristocrates prenant le frais sur leur terrasse ? Cette oeuvre du plus "intellectuel" et du plus mystérieux des peintres de la Renaissance, Vittore Carpaccio, a été considérée comme "le plus beau tableau du monde" et a, entre autres, séduit Marcel Proust. Ce que l'on sait c'est que ce tableau n'est, en fait, que l'une des parties d'une composition beaucoup plus grande dont un autre morceau a été retrouvé... en Californie et dont d'autres existent encore quelque part dans le monde ! Ce que tente ce court essai c'est d'imaginer ce que pouvait être cette composition dans son ensemble et qui sont ces deux femmes, en essayant notamment de comprendre où va leur regard... sans doute beaucoup plus loin qu'on ne l'a pensé et écrit jusque-là ! A ce véritable travail de "décodage", à l'interprétation séduisante et troublante faite de ce tableau donnant à la femme un rôle inattendu dans notre monde, s'ajoutent les résonances que l'on peut étonnamment percevoir dans deux oeuvres plus contemporaines, l'une de Gustave Caillebotte l'autre d'Edward Hopper.

  • Pendant des années, il s'enfermait seul dans des églises de Florence pour en peindre les murs.
    Il parlait peu, ne s'intéressait guère au monde, ne recherchait aucun honneur. Raphaël lui prédisait le plus grand avenir. Michel-Ange le considérait comme son héritier. Vasari disait de lui qu'il atteignait «la perfection», mais aussi qu'il avait «un cerveau bizarre». Il est tombé dans l'oubli pendant près de quatre siècles... jusqu'à ce beau matin d'automne de 1912 où un rayon de soleil traversant la nef d'une église de Florence permit à un historien d'art américain, venu là à tout hasard, d'avoir le choc de sa vie devant le retable d'une petite chapelle oubliée parce que le plus souvent dans l'obscurité.
    Ce tableau, la Déposition, est de Jacopo Pontormo (1494-1556). Il allait contribuer à marquer la fin de la Renaissance italienne et l'émergence de «l'art pour l'art ». Le mystère de sa composition et la mélancolie qui s'en dégage n'ont cessé de susciter études, analyses et commentaires, souvent divergents, parfois contradictoires, toujours passionnés. À travers une enquête méthodique, vivante et illustrée, l'auteur propose une lecture nouvelle et totalement originale de ce tableau.

  • Quelques petites phrases scandées à l'infini par un pays tout entier peuvent devenir "une bombe atomique morale d'une puissance incomparable", disait Mao.
    De fait, certaines d'entre elles ont, pendant dix ans, galvanisé des dizaines de millions de Chinois, les isolant du reste du monde et motivant d'innombrables et sanglants règlements de comptes. Ces mêmes petites phrases qui faisaient se pâmer, à Paris et ailleurs en Occident, nombre d'intellectuels... Edouard Dor a été l'un des rares journalistes à pénétrer au coeur de la Grande Révolution culturelle prolétarienne, en 1973, lors du sinistre épisode de la "Bande des quatre".
    Il se souvient de certaines scènes auxquelles il a alors assisté, autant d'instantanés témoignant du terrible pouvoir du Petit livre rouge dans l'une des périodes les plus noires du XXe siècle.

  • Pourquoi, dans un petit tableau de véronèse, un cheval voyeur, bloqué dans un escalier, passe t il sa grosse tête dans l'encadrement d'une porte et jette t il un regard lourd sur les ébats amoureux de mars et vénus ? pourquoi une courtisane, peinte par manet, allongée nue sur son lit, avec pour seuls atours un fin ruban de velours autour du cou, nous fixe t elle avec provocation, tandis qu'à ses pieds un chat au poil hérissé dresse sa queue en point d'interrogation ? pourquoi matisse, le chantre de la couleur et de la joie de vivre, a t il représenté une porte fenêtre ouvrant sur un vide dont la noire profondeur est pétrie d'angoisse ? pourquoi ces trois artistes semblent ils avoir hésité à montrer précisément ces trois oeuvres ? et pourquoi celles ci nous troublent elles ? ne serait ce pas parce qu'elles dégagent, pour des raisons différentes, un même sentiment " d'inquiétante étrangeté " ?.

  • L'auteur apporte un éclairage sur le rôle attribué aux portes dans les oeuvres de Degas, Fragonard, Salviati et Vallotton. Il observe qu'elles se retrouvent régulièrement au coeur d'un affrontement homme-femme.

  • Qui est cette adolescente au regard perdu ? D'où vient son chapeau si bizarre? Pourquoi pose-t-elle ainsi ses mains sur le cadre du tableau dont elle est le sujet? Que semble-t-elle vouloir nous dire? Beaucoup de mystères entourent ce parfait trompe-l'oeil peint en 1641 par Rembrandt alors au fru"te de son talent. Un tableau d'autant plus mystérieux que, par deux fois, il a disparu et qu'on l'a même cru à jamais perdu. Il est aujourd'hui l'un des chefs d'oeuvre des collections du Château royal de Varsovie.
    Cet essai s'efforce d'en retracer l'histoire et tente d'en déchiffrer les mystères, en le replaçant en perspective dans l'oeuvre de Rembrandt (un an après le célèbre Autoportrait à l'âge de trente-quatre ans de la National Gallery de Londres et un an avant La Ronde de nuit).

  • Sans lui, Michel-Ange n'aurait pas été ce qu'il a été.
    Le grand Léonard de Vinci, Botticelli, Raphaël, et bien d'autres, l'ont copié, s'en sont inspirés, l'ont reconnu pour maître. Comme Cézanne, il aurait pu dire : « Il y a deux sortes de peinture : la peinture bien couillarde, la mienne, et celle des autres »! Il s'agit de Masaccio, peintre florentin de la première Renaissance, qui n'a vécu que 27 ans (1401-1428) et a été surnommé « Le Rimbaud de la peinture ».
    On ne connaît pas grand-chose de sa vie, sinon que Masaccio était totalement « fou » de peinture et... qu'il est à l'origine de l'art occidental moderne !
    Dans ce court essai, l'auteur évoque cet artiste hors du commun et analyse, plus particulièrement, l'une de ses oeuvres majeures (Adam et Eve chassés du Paradis terrestre) en expliquant pourquoi elle a bouleversé toute l'histoire de la peinture.
    Puis, il en suit les traces, à travers Michel-Ange, Raphaël, et jusqu'à Rodin et Picasso. Il nous montre notamment comment, sans les avoir jamais vus, Picasso a pu reproduire dans l'un de ses pastels... des personnages peints par Masaccio!

  • Seul dans son atelier d'Antibes, face à la mer, Nicolas de Staël a peint, en trois jours, une toile géante de trois mètres cinquante sur six, Le Concert, puis il s'est jeté dans le vide.
    C'était le 16 mars 1955, il avait quarante et un ans et était au faîte de sa gloire. Dans cette gigantesque toile, dans les deux Instruments de musique qui y sont représentés un piano à queue et une contrebasse, dans le rouge vermillon qui enflamme le fond de la composition, se trouve sans doute enfouie l'explication de son geste...

  • Georges Braque a peint plus de soixante tableaux ayant pour sujet des barques entre 1928 (date à laquelle il se fait construire un atelier en Normandie et reprend la peinture de paysage abandonnée dix-sept ans plus tôt) et 1960, trois ans avant sa mort.


  • sans lui, michel-ange n'aurait pas été ce qu'il a été.
    le grand léonard de vinci, botticelli, raphaël, et bien d'autres, l'ont reconnu pour maître. comme cézanne, il aurait pu dire : " il y a deux sortes de peinture : la peinture bien " couillarde " - la mienne - et celle des autres " ! né près de florence tout juste avec le xve siècle, on l'appelait masaccio, parce qu'il était fou de peinture. il est mort à vingt-sept ans et n'a peint que pendant. huit ans à peine ! et pourtant ce sont bien les braises laissées par celui que l'on a surnommé " le rimbaud de la peinture ", et sur lesquelles ont soufflé, entre autres, michel-ange, rodin et picasso, qui ont mis le feu à tout l'art occidental.


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